Selon l’OMS, une personne sur quatre souffrira de troubles psychiatriques au cours de sa vie. Dépression, stress post-traumatique, schizophrénie ou bipolarité, les troubles psychiatriques sont nombreux. Selon le 5ème rapport de l’Enquête de Santé 2018 de Sciensano consacré au bien-être et à l’état de santé mentale de la population en Belgique, plus d’un.e belge sur dix souffre d’un trouble mental. Pourtant, les tabous et les idées reçues sur ces maladies ont la vie dure. 

© Marie Colard

Les stéréotypes et les préjugés sur les maladies mentales persistent. A ce jour, notre société ne parvient toujours pas à accepter les santés mentales fragiles ou tout simplement différentes. Malgré les progrès de tolérance, beaucoup pensent encore que les personnes atteintes de maladies mentales sont imprévisibles, violentes ou paresseuses. Ces préjugés entraînent des comportements de stigmatisation et de discrimination. En d’autres mots, ces personnes sont cataloguées, rejetées et mis a l’écart de la société.

Ces attitudes reflètent l’incompréhension et l’ignorance. Considérée comme tabou, la maladie mentale souffre de fausses croyances. Les troubles psychiques ne sont pas à considérer comme un “déficit” ou un “en moins” de la personne. Une maladie mentale ne définit pas quelqu’un.e. Avant d’être malade, cette personne est votre ami.e, un.e membre de votre famille, votre voisin.e, votre collègue, votre boulangère, votre coiffeur, votre assureur, c’est même peut-être vous… avec vos qualités, vos défauts, vos compétences, vos rêves…

 

 

“Je suis malade” 

Même Serge Lama l’a dit ! Selon le dictionnaire, un malade est un être vivant qui souffre d’une maladie. Il peut donc s’agir de problèmes de santé physique ou de problèmes de santé mentale. Evidemment, il est plus facile d’expliquer souffrir d’une gastro que d’anorexie. C’est socialement plus “acceptable” dit-on. Malheureusement, les crises d’angoisse ne se soignent pas à coups d’antibiotiques et il n’existe pas de vaccin contre la dépression. C’est une autre forme de thérapie qui permet de répondre aux problèmes de santé mentale, mais ces thérapies ne sont ni moins efficaces, ni moins “légitimes” que la boîte d’Imodium !

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des personnes ayant une maladie mentale ont subi des discriminations exercées par leurs médecins de famille

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en ont subi de la part d’autres professionnels de la santé

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des personnes ayant un problème de santé mentale et qui sont aptes et disponibles à intégrer le marché du travail n’occupent pas d’emploi rémunéré

 

A la folie 

A l’origine de son sens médical premier, la folie désigne un désordre mental. Au fil du temps, le terme “folie” est devenu un terme très subjectif. A la fois positif et négatif, ce terme est utilisé à tout bout de champ pour tout et n’importe quoi. Par exemple, pourquoi dit-on que le monde devient fou, alors qu’un peu de folie n’a jamais tué personne ? Le dictionnaire nous dit que la folie est un égarement de l’esprit, un manque de jugement ou une action déraisonnable. On utilise aussi le terme “folie” lorsqu’on parle d’amour, de chagrin ou même concernant une passion ou un loisir. Bref, la folie n’est pas une maladie. 

Dans le langage courant, un.e fou/folle est une personne idiote, stupide, imbécile ou malade mentale. C’est même parfois une insulte “gentillette” pour parler de quelqu’un.e d’hurluberlu. Toutefois, il ne faut pas oublier que pour certain.es, c’est une étiquette collée a la super glue sur le front. La stigmatisation systématique des maladies mentales suscite encore aujourd’hui des craintes et de la honte chez certaines personnes. 

Elles s’isolent, se dévalorisent, décident parfois de ne plus travailler, négligent leur vie sociale, ne consultent pas… Stigmatiser les personnes atteintes de maladies mentales et les cataloguer de “fous” et de “folles”, c’est comme leur dire “vous êtes cassé.es, imparfait.es”. 

A bout des tabous !

Il est important de combattre les préjugés qui mènent à la stigmatisation et à la discrimination. Évitez les blagues ou les commentaires désagréables et déplacés. Ne riez pas non plus. Renseignez-vous sur la maladie mentale. N’hésitez pas a exprimer une opinion positive à l’égard des personnes atteintes. Et si vous souffrez vous-mêmes de maladies psychiques, sachez que demander de l’aide n’est pas une faiblesse…